Inconscient et langage

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Publications et recherches de Jean-Jacques Pinto sur les relations entre inconscient et langage, ainsi qu'entre psychanalyse et linguistique.

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Extrait du Mémoire de psychiatrie de J.-J. Pinto sur la psychothérapie des psychoses (partie théorique)

Par Jean-Jacques Pinto :: 21/05/2006 à 18:26 :: Psychoses


Avis important

Ce texte, ainsi que le Schéma R développé, fait l'objet, avec l'autorisation de son auteur, Jean-Jacques Pinto, c'est-à-dire moi-même,  d'une « publication sous licence GNU de documentation libre » dans l'encyclopédie Wikipedia, sous l'intitulé suivant :

Approche lacanienne de la psychose




Ce mémoire, intitulé A propos de la prise en charge d'un psychotique : réflexions critiques, Marseille, 1978, met en relation la mise en place du fantasme et la fonction métaphorique qui, lorsqu'elle fait défaut, peut rendre compte d'un des versants de la psychose.


Excerpts of the Thesis of psychiatry by J-J.Pinto on the psychotherapy of the psychosis (theoretical part)

This thesis, entitled "Taking care of a psychotic patient : critical remarks", Marseilles, 1978, brings together the setting up of fantasy and the metaphorical function which, when missing, can explain one of the two kinds of psychosis.


A- RAPPEL DES DONNÉES LACANIENNES SUR LA PSYCHOSE

Elles sont principalement exposées dans le chapitre des Écrits intitulé « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose ».

Nous avons également complété certains points à l’aide de deux articles parus dans la revue Scilicet (n°2-3, 1970) : « Le clivage du sujet et son identification » et « Pour une logique du fantasme ».

Le schéma que nous donnons comme support à ce rappel théorique est celui proposé par Lacan dans le texte cité, légèrement modifié (en fonction des notes de bas de page citées ci-dessous) de façon à le rendre plus explicite. Il est conseillé de l'ouvrir dans un nouvel onglet, de manière à pouvoir basculer aisément du texte au schéma et inversement. Voici d'abord le
schéma original, puis le schéma développé.

(note 14 de Lacan : "Peut-être y aurait-il intérêt à reconnaître [que] ce que le schéma R étale, c'est un plan projectif. Notamment les points dont ce n'est pas par hasard (ni par jeu) que nous avons choisi les lettres dont ils se correspondent m, M, i, I et qui sont ceux dont s'encadre la seule coupure valable sur ce schéma (soit la coupure m i I M ... ), indiquent assez que cette coupure isole dans le champ une bande de Mœbius." Texte : « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose » in Écrits)

“La condition du sujet S (Névrose ou psychose) dépend de ce qui se déroule en l’Autre A”. Le terme de “grand Autre” désigne chez Lacan le réseau des signifiants, régi par une logique combinatoire impliquant l'absence et le retour périodique de tout signifiant dans la chaine parlée, fonctionnement radicalement distinct de celui du corps. Ce fossé impossible à combler entre la logique du signifiant et le lieu du corps est un des aspects du réel.

Trois points particuliers de ce réseau des signifiants constituent le triangle du Symbolique : M désigne “le signifiant de l'objet primordial”, c'est-à-dire la mère en tant qu'elle est le premier individu réel à faire connaître à l'enfant en lui parlant le réseau de signifiants qui, du point de synchronique, n'est qu'un abstraction.

P représente la fonction paternelle (ou Nom-du-Père) qui n'est pas supportée par un individu réel, mais figure dans le discours de la mère. L'est l'ensemble des signifiants auxquels elle recourt pour signifier la Loi à elle-même d'abord, à l'enfant ensuite.

Cette loi consiste en ce que la jouissance est impossible pour tout sujet parlant. Chaque sujet a éprouvé la présence de la mère comme cette Chose confuse qui met fin à la tension que cause le besoin, mais cette Chose est à jamais perdue, et le signifiant qui invoque en vain son retour ne fait que rendre son absence plus sensible ("le signifiant est la mort de la Chose ").

La fonction paternelle rappelle l'existence de cette Loi à tout sujet, en la transformant en un interdit ("la jouissance est interdite à qui parle comme tel") mais permet simultanément au sujet de sortir de cette impasse par la voie du désir ("la fonction du Nom-du-Père est d'unir un désir à la loi").

A cette transgression que constitue le désir, le Nom-du-Père fournit un instrument : le Phallus symbolique, qui est, là encore, une fonction signifiante chargée à la fois de rappeler la loi (castration symbolique), substituer à la Chose perdue l'objet a ou objet du désir, et de mettre en place pour le sujet la chaîne du fantasme nécessaire à la réalisation du désir. Si la jouissance totale et permanente reste interdite, une jouissance partielle et transitoire devient ainsi possible grâce au fantasme.

L'objet du désir, venant en place d'un manque, n'a en lui-même aucune consistance. Il est éminemment changeant et insaissable, à l'opposé de l'objet du besoin.

Ainsi, pour que le mirage du désir puisse s'établir, il faut que le Phallus symbolique masque le vide de l'objet par une illusion de consistance que désigne phi (le phallus imaginaire). C'est la fonction imaginaire de la castration, par laquelle le sujet croira momentanément pouvoir combler le manque et retrouver la Chose pour fusionner avec elle.

C'est ainsi que l'enfant, objet a du désir de la Mère, apparaît d'abord au point phi, où elle le situe dans son imaginaire comme ce qui pourrait combler son manque. Mais comme elle se soumet à la Loi, elle accepte d'avance que la jouissance née de la fusion imaginaire avec son enfant doive cesser un jour, qu'il doive se détacher d'elle. Elle le voit donc d'un autre point, d'un point I situé dans le symbolique.

I représente donc l'Idéal du moi, troisième sommet du triangle du symbolique, défini comme le point d'où le sujet se voit aimable dans le discours de la mère. Cet Idéal du moi est fait de signifiants que le sujet cherchera à rejoindre par la voie de l'identification.

Cette sollicitation à "grandir" à "devenir quelqu'un" va d'abord engendrer une première identification à l'image du miroir i(a), qui est l'image de son corps et de tout semblable, notamment la Mère. C'est ce qui constituera le moi, instance imaginaire pour Lacan. L'image spéculaire constitue le prototype du moi idéal imaginé comme tout-puissant car c'est aussi l'image de la Mère qui peut satisfaire à ce stade toutes les demandes de l'enfant. La crainte que cette image unifiée ne soit détruite correspond à l'angoisse de morcellement.

Le moi entretient avec son image des relations ambivalentes d' « agression érotisée » (couple amour-haine). Mais la circularité parfaite entre m et i(a) (la réponse de la Mère à toutes les demandes ) va se rompre lorsque la sexualité infantile naissante laisse la mère sans réponse sur ce qu'il en est du Désir du sujet. C'est ce qu'indique sur le schéma le plongement de la boucle m -> i(a) vers le point I, montrant que ce n'est que par l'identification à l'Idéal du moi que le sujet retrouvera un chemin vers le signifiant de l'objet maternel M. L'identification terminée (la double boucle refermée sur elle-même), il reste un espace central, un vide, où l'enfant aura la possibilité de s'inventer un objet de désir avec des traits signifiants rappelant indirectement la Mère. Celle-ci est désormais interdite. L'interdit de l'inceste  s'énonce : «  Tu ne désirera pas celle qui a été l'objet de ton amour. » Le refoulement commence alors, contemporain de la résolution du complexe de castration

Chez le sujet non psychotique, la fonction phallique est ce qui relie le sujet marqué par le signifiant ($) à l'objet du désir (a) pour constituer la chaîne du fantasme où sujet et objet peuvent s'intervertir.

Un des aspects de la fonction phallique est alors la métaphore, qui permet, par une transgression signifiante (substitution) de présentifier les signifiants de la pulsion autour de l'objet du désir, et de permettre ainsi, par l'évocation de l'image du corps, donc dans l'Imaginaire, l'illusion de retrouvaille de la Chose et la satisfaction du Désir.

Le fantasme devient l'élément organisateur de la Réalité psychique (désignée par R sur le schéma) que Lacan distingue nettement du Réel. C'est cependant au travers de cette Réalité que le sujet non psychotique peut entrevoir le Réel et en tenir compte.

Il importe, en résumé, de bien distinguer les trois niveaux que la psychose bouleversera :

- Le niveau de la relation imaginaire m <-> i (a) entre le moi et le moi idéal, repérable dans le discours par tous les énoncés grammaticaux commençant par "Je", donc revendiqués par le sujet.

- Le niveau du fantasme $ <-> a reliant le sujet a l'objet du désir, et repérable dans les énoncés grammaticaux qui n'ont pas "Je" pour sujet (Par exemple : "On bat un enfant"). C'est le champ de la Réalité psychique.

- Le niveau de l'Inconscient où figurent les signifiants M, I et P, qui est un discours non-grammatical régi par une logique purement combinatoire (lapsus, rêves, associations libres). Le fantasme se construit sur les associations inconscientes mais ne s'y résume pas puisqu'il est déjà une mise en forme grammaticale où peut jouer la métaphore.

Dans la psychose, il y a forclusion du Nom-du-Père, c’est-à dire que le sujet n’a jamais trouvé dans le discours de la Mère cette fonction symbolique lui permettant d’accéder au désir.

« Si à l’appel du Nom-du-Père répond une carence du signifiant lui-même (forclusion), la carence de l’effet métaphorique provoque un trou à la place de la signification phallique ».

Ce signifiant est appelé par le sujet dans toute situation triangulaire conflictuelle, que seule la castration symbolique permet de dépasser : « Pour que la psychose se déclenche, il faut que le Nom-du-Père, forclos, c’est-à-dire jamais venu à la place de l’Autre, y soit appelé en opposition symbolique au sujet ».

L’absence du signifiant P a pour corollaire l’absence de la fonction symbolique du Phallus. Les quatre points que cette fonction permettait de relier entre eux (cf schéma) ne peuvent plus “tenir” ensemble, ce que Lacan représente sur un autre schéma (dit schéma I) où ils figurent sur des lignes partant à l’infini de façon divergente.

Ainsi le désir de la Mère fait sentir son absence, le moi idéal et le moi sont impossibles à constituer, et l’Idéal du moi se dérobe au sujet. Le psychotique défaille donc dans ses tentatives pour se constituer un Imaginaire et une Réalité psychique, et quand il parvient à reconstituer quelque chose, c’est une pseudo-réalité délirante où le réel est déformé (« Ce qui est forclos du symbolique revient comme réel” dans l’hallucination ou le délire »).

Ce que Lacan résume ainsi :

 « C’est le défaut du Nom-du-Père qui, par le trou qu’il ouvre dans le signifié, amorce la ascade des remaniements du signifiant d’où procède le désastre croissant de l’imaginaire, jusqu’à ce que le niveau soit atteint où signifiant et signifié se stabilisent dans la métaphore délirante ».
[fin de l'extrait]

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Mots-clé : linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, Schreber.

Keywords : linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, Schreber.

Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Schreber.

Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Schreber.

Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Schreber.

Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner, Schreber.

Schéma R développé d'après les notes de Lacan

Par Jean-Jacques Pinto :: 11/03/2009 à 18:54 :: Psychoses

Jacques Lacan, Écrits, p. 553, note 1 (passages soulignés par nous : R désigne bien la Réalité psychique et non le Réel, contresens extrêmement répandu chez bien des lecteurs pressés qui ont omis de lire cette très longue note !) :


“ Repérer dans ce schéma R l'objet a est intéressant pour éclairer ce qu'il apporte sur le champ de la réalité (champ qui le barre).

 Quelque insistance que nous ayons mis depuis à le développer - en énonçant que ce champ ne fonctionne qu'à s'obturer de l'écran du fantasme, - ceci demande encore beaucoup d'attention.

 Peut-être y aurait-il intérêt à reconnaître qu'énigmatique alors, mais parfaitement lisible pour qui sait la suite, comme c'est le cas si l'on prétend s'en appuyer, ce que le schéma R étale, c'est un plan projectif.

 Notamment les points dont ce n'est pas par hasard (ni par jeu) que nous avons choisi les lettres dont ils se correspondent m M, i I et qui sont ceux dont s'encadre la seule coupure valable sur ce schéma (soit la coupure m→i , M→I), indiquent assez que cette coupure isole dans le champ une bande de Moebius.

 C'est tout dire, puisque dès lors ce champ ne sera que le tenant-lieu du fantasme dont cette coupure donne toute la structure.

 Nous voulons dire que seule la coupure révèle la structure de la surface entière de pouvoir y détacher ces deux éléments hétérogènes que sont (marqués dans notre algorithme ($◇a) du fantasme) : le $, S barré de la bande ici à attendre où elle vient en effet, c'est-à-dire recouvrant le champ R de la réalité, et le a qui correspond aux champs, I et S.

 C'est donc en tant que représentant de la représentation dans le fantasme, c'est-à-dire comme sujet originairement refoulé que le $ barré du désir, supporte ici le champ de la réalité, et celui-ci ne se soutient que de l'extraction de l'objet a qui pourtant lui donne son cadre.

 En mesurant par des échelons, tous vectorialisés d'une intrusion du seul champ, I dans le champ R, ce qui n'est bien articulé dans notre texte que comme effet du narcissisme, il est donc tout à fait exclu que nous voulions y faire revenir, par une porte de derrière quelconque, que ces effets (« système des identifications » , lisons-nous) puissent théoriquement fonder, en quelque façon que ce soit, la réalité.

 Qui a suivi nos exposés topologiques (qui ne se justifient de rien que de la structure à articuler du fantasme), doit bien savoir que dans la bande de Moebius, il n'y a rien de mesurable qui soit à retenir dans sa structure, et qu'elle se réduit, comme le réel ici intéressé, à la coupure elle-même.

 Cette note est indicative pour le moment actuel de notre élaboration topologique (juillet 1966). ”



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Résumé/plan de la conférence du 24/09/2009 à Aubagne

Par Jean-Jacques Pinto :: 25/09/2009 à 8:11 :: Psychoses

     Voici le résumé/plan de la conférence sur La psychothérapie des psychoses faite à l'Hôpital de jour d'Aubagne le 24/09/2009. Il a été distribué aux participants. Le texte intégral de la conférence sera publié dans les jours qui viennent.


La psychothérapie des psychoses

Conférence du Dr Jean-Jacques PINTO
le jeudi 24 septembre 2009



     1) L'argument d'autorité ne vaut pas lorsqu'on a un minimum d'esprit scientifique :

  • Des commentaires de Freud et Lacan sur le cas Schreber, nous ne retiendrons que ce qui "tient la route".

  • Il n'y a pas une mais deux psychoses chroniques : la paranoïa et la schizophrénie (les "fondus" et les "givrés"). Seule la seconde (ainsi que les bouffées délirantes) peut jusqu'à nouvel ordre bénéficier d'une psychothérapie.

    • Ceci se voit mieux sur la "marguerite" :


pas du tout

très peu

couci-couça

beaucoup

passionnément

à la folie

schizophrène

hystérique

phobique

non-névrosé

obsessionnel

paranoïaque


    • Cette échelle des degrés de l'investissement parental fera éventuellement l'objet d'une prochaine conférence sur l'Analyse des Logiques Subjectives.


     2) Les trois identifications et les trois niveaux de la structure psychique :

  • Les trois identifications


     3) Complétons la définition de l'identification : c'est la connexion signifiant-affect.
Lors de la formation, dans l'enfance, du sujet de  l'inconscient $ (représenté dans le langage et superposé au sujet biologique S), on passe de "tuchè" à "automaton", du hasard à la nécessité, c'est-à-dire :

    • de la rencontre fortuite entre des sons et des situations chargées d'affect, à la répétition aveugle (automatisme de répétition) qui structure la "personnalité", simulant l'instinct (la prétendue "nature humaine"),

    • donc du non-sens au sens, de l'existence à l'illusion d'un noyau d'être (au "parêtre").


    
4) Il existe une "carence" de la fonction métaphorique chez le schizophrène (cliquer), en rapport avec une carence des associations verbales inconscientes sur lesquelles le sujet non-psychotique peut s'appuyer pour fantasmer.

  • Il ne s'agit donc pas dans la psychothérapie des psychotiques de faire des interprétations fondées sur un repérage analytique classique.

  • L'analyse est une désidentification qui déconnecte les signifiants des affects, transforme l'automaton en tuchè, le sens en non-sens ("ce n'était que ça"), l'être en désêtre : elle déstructure, et c'est pourquoi elle est dangereuse pour les sujets border-line.

  • Ici il faut une "psychanalyse à l'envers" (Racamier), une "antipsychanalyse", une "psychosynthèse" qui structure, qui identifie.

  • Il faut synthétiser du sens à la place du patient, les  noyaux de sens pouvant n'être qu'un semblant, une mise en forme arbitraire et systématique de tous ses dires, à la différence des autres thérapies qui croient au sens qu'elles donnent.



Structure non-psychotique

Psychanalyse

"Structure" psychotique

Psychothérapie des psychoses

identification

désidentification

défaut d'identification

identification

personnalisation, structuration

dépersonnalisation lente

dépersonnalisation brutale

personnalisation, structuration

connexion signifiant-affect

déconnexion signifiant-affect

non-connexion signifiant-affect

connexion signifiant-affect

tuchè → automaton

automaton → tuchè

tuchè

tuchè → automaton

non-sens → sens

 sens → non-sens

non-sens

non-sens → sens

tissage d'associations

dévidage d'associations

non-tissage d'associations

tissage d'associations



     5) La réponse du patient, plutôt qu'un changement de discours, consiste à nous fournir de plus en plus de matériel verbal « a-signifiant », comme s'il nous encourageait à continuer pour lui ce processus de symbolisation.


     6) Le réveil du délire est prévisible, souhaitable et contrôlable au cours de la thérapie : on peut le décrire comme psychose de transfert.


     7) Lorsque le patient commence de lui-même à constituer des fantasmes de nature œdipienne, nous le laissons faire sans rien en interpréter, et nous continuons à lui constituer un "sous-sol" d'associations verbales sur lesquelles il peut s'appuyer pour fantasmer.


     8) Le problème de l'orientation théorique dans les thérapies de schizophrènes (cliquer) : nous ne ferons que les citer

  • L'Analyse Directe de ROSEN 

  • La Réalisation Symbolique de M. A. SECHEHAYE

  • Les psychothérapies de psychotiques d'inspiration kleinienne (ROSENFELD et BION)

  • La méthode de structuration dynamique de GISELA PANKOW

  • Les autres psychothérapies de psychotiques d'inspiration lacanienne

  • Convergences et divergences entre ces méthodes.

     9) La théorie et la pratique en ce qui concerne les bouffées délirantes

  • Théorie : les "trous' sont bien plus rares dans le réseau des associations, le sujet peut ne jamais "tomber dessus", donc ne jamais délirer ...

  • Pratique : la thérapie peut se faire "à chaud" (hôpital, consultation) ou "à froid" (consultation)


     10) Conclusion et perspectives

  • Indications des psychothérapies de psychotiques

  • Conditions de mise en œuvre




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