Inconscient et langage

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Jean-Jacques Pinto

Publications et recherches de Jean-Jacques Pinto sur les relations entre inconscient et langage, ainsi qu'entre psychanalyse et linguistique.

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Par Jean-Jacques Pinto :: 21/05/2006 à 17:20 :: Général
 


   Bienvenue sur ce second blog. Le premier, intitulé "Tout sur l'A.L.S" est accessible à l'adresse suivante : http://analogisub.over-blog.com. (L'A.L.S. ou Analyse des Logiques Subjectives est une méthode originale d’analyse des mots d’un texte parlé ou écrit, inspirée par la psychanalyse, qui permet, sans recourir au non-verbal (intonations, gestes, mimiques), d’avoir une idée de la personnalité de l’auteur et de ceux qu’il peut espérer persuader ou séduire).




    Ce blog-ci est quant à lui dédié à mes autres publications et recherches sur les relations entre inconscient et langage, ainsi qu'entre psychanalyse et linguistique.


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N.B.:  Depuis peu, un annuaire personnel de sites de linguistique et de psychanalyse - en rapport avec l'Analyse des Logiques Subjectives - est en voie de constitution.


Mots-clé : linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.

Keywords : linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.

Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.

Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.

Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.

Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.


       


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Par Jean-Jacques Pinto :: 21/05/2006 à 17:40 :: Général

Extrait du Mémoire de psychiatrie de J.-J. Pinto sur la psychothérapie des psychoses (partie technique)

Par Jean-Jacques Pinto :: 22/05/2006 à 10:45 :: Général


 

Avis important

Ce texte fait l'objet, avec l'autorisation de son auteur, Jean-Jacques Pinto, c'est-à-dire moi-même,  d'une « publication sous licence GNU de documentation libre » dans l'encyclopédie Wikipédia, sous l'intitulé suivant :


Psychothérapie des psychoses

 

Voir également sur ce sujet la conférence du 24/09/2009 à l'hôpital de jour d'Aubagne
 



Ce mémoire, intitulé A propos de la prise en charge d'un psychotique : réflexions critiques, Marseille, 1978, met en relation la mise en place du fantasme et la fonction métaphorique qui, lorsqu'elle fait défaut, peut rendre compte d'un des versants de la psychose.


Excerpts of the Thesis of psychiatry by J-J.Pinto on the psychotherapy of the psychosis (theoretical part)

This thesis, entitled "Taking care of a psychotic patient : critical remarks", Marseilles, 1978, brings together the setting up of fantasy and the metaphorical function which, when missing, can explain one of the two kinds of psychosis.

B - HYPOTHÈSES DE DÉPART

Elles peuvent se déduire des données théoriques qui précédent. Notons à ce propos qu'il n'existe pas à notre connaissance de technique codifiée des psychothérapies de psychotiques dans les textes lacaniens. Nous exposons donc ici les éléments de réflexion qui ont guide notre action pratique, en sachant qu'ils schématisent considérablement une théorisation complexe et subtile.

Elles peuvent se déduire des données théoriques qui précédent. Notons à ce propos qu'il n'existe pas à notre connaissance de technique codifiée des psychothérapies de psychotiques dans les textes lacaniens. Nous exposons donc ici les éléments de réflexion qui ont guide notre action pratique, en sachant qu'ils schématisent considérablement une théorisation complexe et subtile.

1) Il existe une "carence"de la fonction métaphorique chez le psychotique.

Il est donc inutile d'attendre qu'à la manière d'un sujet névrotique il livre dans ses associations libres la clef de ses symptômes. Le caractère déroutant, hermétique de ses dires vient peut-être de ce qu'il n'y a là rien à comprendre : les signifiants énoncés n'ont pu être relies entre eux par des chaînes inconscientes, ou seulement de façon très partielle dans les cas où le sujet a pu reconstruire quelque chose de sa réalité psychique sur un mode délirant. (On sait alors le danger des interprétations classiques qui déconstruisent ce fragile édifice).

Un entretien fondé sur l'écoute silencieuse a donc toutes les chances d'être inutile.

Il faut synthétiser du sens à la place du patient pour lui permettre de se constituer des fantasmes, une réalité psychique. Ces noyaux de sens peuvent n'être qu'un semblant, la simple juxtaposition de signifiants créant toujours un effet de sens surtout si elle est répétée. (A la différence d'autres types d'interprétations dont nous verrons qu'elles sont beaucoup plus ''grammaticales").

Il apparaît alors que la réponse du patient, plutôt qu'un changement de discours comme dans le cas d'une interprétation réussie chez un névrotique, consistera a nous fournir de plus en plus de matériel verbal "'a - signifiant" comme s'il nous encourageait à continuer pour lui ce processus de symbolisation. Lorsqu'il commence de lui-même, et avec ses propres souvenirs et associations, à constituer des fantasmes de nature œdipienne, nous le laissons faire sans rien en interpréter, jugeant que cette névrotisation nécessaire doit se poursuivre et se consolider, mais nous continuons à lui constituer un "sous-sol" d'associations verbales a-grammaticales sur lesquelles il peut "s'appuyer" pour fantasmer. Nous agissons donc sur les parties de son discours qui échapperaient encore à cette symbolisation, en vue d'écarter au maximum le risque d'une rechute délirante portant sur ce qui n'a pu être symbolisé.

2) Si le sujet ne parle pas, on peut chercher à engager le processus de symbolisation en décrivant ce que nous percevons de lui : son image corporelle, ses gestes, ses mimiques. Ceci revient à verbaliser le non-verbal, ou encore à transformer l"'analogique" en "digital", si nous reprenons la terminologie de l'école de Palo-Alto.

Cette manière de procéder s'est révélée efficace dans une autre prise en charge conduite a la même époque : les entretiens fondés sur l'écoute pure n'avaient mené à rien chez une patiente schizophrène chronique, quasi-mutique, hospitalisée de longue date. Un jour où, commentant ses actes, nous énoncions qu'elle venait de se racler la gorge, elle répondit : "Oui, j'ai un chat dans la gorge". Elle commença dès lors a pouvoir associer de façon non métaphorique sur ce chat qui symbolisait entre autres choses un enfant impossible à accoucher, mais qu'elle vivait hallucinatoirement comme présent dans une partie de son corps. Par la suite elle se mit a verbaliser abondamment, ce qui permit à la prise en charge de continuer sur le mode précédemment décrit.


C - LE PROBLÈME DE L'ORIENTATION THÉORIQUE

Nous avons indiqué, au début de ce travail, qu'à l'époque de la prise en charge de M. A. ..., nous nous étions principalement inspirés de la théorie lacanienne de la psychose ; ceci en dépit du fait qu'on n'y trouve aucune indication d'ordre pratique, à la différence d'autres modèles théoriques dont découlent directement des techniques à peu près codifiées. Certaines méthodes (Rosen) paraissent même surtout liées à l'expérience pratique de la relation au schizophrène, avec une théorisation relativement peu développée.
Comment rendre compte de l'efficacité comparable de pratiques d'inspiration parfois très différentes ? Nous ne pouvons, pour ce faire, approfondir l'une après l'autre ces orientations : chacune mériterait une longue et minutieuse étude. Nous nous bornerons donc à en évoquer quelques unes, en tentant d'en dégager les caractéristiques que nous comparerons ensuite.


1) L'Analyse Directe de ROSEN

"Pour autant qu'elle s'appuie sur une solide connaissance de la psychanalyse, l'Analyse Directe s'écarte radicalement de la technique psychanalytique : elle en est presque l'envers" (Racamier).
En effet :

- cette méthode utilise un type d'interprétation qui va directement aux significations inconscientes sans passer par les couches successives de défenses. Le fait d'utiliser un langage concret et simple, voire trivial, évitant les périphrases, permet à l'interprétation d'être incisive et dynamisante. Elle vise à produire un effet de choc. On peut se servir des propres expressions du
patient pour engager un dialogue dans le registre où il se situe. L'interprétation est alors faite dans les mêmes termes qu'utilise le langage délirant. L'emploi d'un langage trop abstrait ou trop différent des expressions propres au patient risque de raviver inutilement le processus morbide. En revanche les expressions populaires (proverbes, locutions jouant sur le sens figuré) peu-vent être acceptées et produire l'effet souhaité.

- L'intonation de la voix joue un rôle essentiel. Le ton ne doit surtout pas être monocorde : "ce que vous apportez au patient n'est pas seulement le sens de ses actes mais l'effet émotionnel que son comportement vous a produit ... Il doit savoir que ses actes affectent les autres et que les autres s'intéressent assez à lui pour réagir personnellement et fortement à ce qu'il fait" (Rosen).
L'interprétation réussie fait cesser l'acting-out ainsi que l'angoisse qui l'accompagne. Elle amène une sécurisation temporaire et une possibilité de rationalisation. Pour cela elle doit établir un lien entre quelque chose de la réalité extérieure et un aspect important des difficultés actuelles du patient, se reporter généra-lement à l'avenir, contenir un élément de réassurance pour lui et l'éloigner du point le plus brûlant.
Elle n'agit pas forcément par son exactitude, mais peut-être par la haute chaleur émotionnelle qu'elle véhicule ou par un effet de choc produit par le contenu.
- Enfin il convient d'insister sur la qualité de la relation,qui rend efficientes les interprétations. La "présence" du thérapeute, ce qu'il est, y joue un rôle essentiel.

2) La Réalisation Symbolique de M. A. SECHEHAYE

Cette méthode repose sur une conception dynamique des processus de désagrégation dans la schizophrénie. L'auteur insiste sur l'absence d'amour de la mère (dont l'introjection permet l'amour de soi). La frustration affective précoce joue un rôle important dans la désagrégation du Moi psychotique : elle est responsable de l'état de faiblesse initial du Moi, à la faveur duquel la psychose pourra éclater. Cette désagrégation du Moi est la cause principale de l'irruption des pulsions inconscientes dans le champ de la conscience. Les pulsions primaires orales et agressives dominent. On peut parler de régression à des fixations orales.

Au lieu de laisser les mécanismes de projection, participation, condensation et imitation se mettre au service des pulsions des-tructrices et des constructions délirantes, il s'agit de les dériver et de les utiliser pour tenter une reconstruction du Moi psychotique. Mais tout d'abord il faut réparer la frustration initiale en autori-sant le malade à assouvir son désir de retour à la mère. A travers la mère-analyste, source de la satisfaction du besoin, le patient peut accepter la réalité bienfaisante, neutraliser ses pulsions autodestructrices par les tendances libidinales puisées dans l'amour de la mère. Les gratifications passent par des objets "pré-symboli-ques" (telle la pomme chargée de représenter le sein dans le cas de la malade Renée). Les mécanismes formateurs du Moi entrent alors en activité. Le Moi n'opère sa synthèse que lorsque le malade a conscience de son corps : la conscience d'être corps semble indispen-sable à la différenciation du Moi d'avec le non-Moi. On voit alors le malade repasser par tous les stades de l'évolution infantile. La projection symbolique et l'imitation jouent leur rôle construc-teur dans la réédification du Moi en tant qu'ils achèvent de combler les frustrations initiales, sources premières de l'éclosion de la psychose. L'énergie investie dans les éléments formant la psychose se déplace alors pour se mettre au service du Moi. Celui-ci ordonne les pulsions dans une hiérarchie normale, et investit la réalité avec la libido dont il dispose. Libre et autonome, il s'adapte de mieux en mieux au monde extérieur. Dans ce processus.s'opère une dissolution du "réalisme affectif" par le travail d'introjection et d'identification à la mère aimante. La différenciation entre soi et les autres peut être à présent établie.

D'un point de vue plus synthétique on peut dire qu'il y a passage du symbole (substitut de l'objet, encore adhérent à celui-ci) à l'image puis au concept opératoire.

En résumé "la Réalisation Symbolique est une psychothérapie qui s'adresse directement aux besoins, aux frustrations que le malade a subies dans sa petite enfance, pour les combler et les satisfaire sur le plan présymbolique, magique et concret" (M. A. SECHEHAYE).

3) Les psychothérapies de psychotiques d'inspiration kleinienne

Mélanie KLEIN a surtout pris en charge des enfants psychotiques. Parmi ses disciples, ROSENFELD et BION ont considérablement enrichi, chacun à leur manière, la technique et la théorisation de la relation au psychotique.

Nous avons trouvé particulièrement intéressante la place qu'accorde Bion au langage du psychotique dans le maniement de la cure. Son article "le langage et le schizophrène" détaille cette démarche.
Il rappelle tout d'abord l'hypothèse de Freud    "la névrose serait le résultat d'un conflit entre le Moi et son Ça    la psychose, l'issue analogue d'un trouble équivalent dans les relations entre le Moi et le monde extérieur". C'est le concept de conflit intrapsychique qui retient l'attention de Bion. Il existe chez le psychotique un conflit avec la réalité : "des attaques destructrices en provenance du patient, ou du Ça du patient, ont été dirigés contre les organes sensoriels nouvellement investis et la conscience qui s'y rattache". Le schizophrène s'attaque à tous les éléments de son Moi qui ont pour fonction d'établir le contact avec la réalité externe et interne, et qui sont :

-    la conscience attachée aux organes sensoriels,

-    l'attention, fonction d'exploration du monde extérieur,

-    le système de notation faisant partie de la mémoire,

-    la fonction de jugement,

-    la pensée comme moyen de supporter l'accroissement de tension dû à l'arrêt de la décharge motrice.

Or "la pensée verbale est la caractéristique essentielle de ces cinq fonctions du Moi".

Le clivage est une des méthodes d'attaque les plus employées contre la pensée verbale. Ces attaques surviennent chez le psycho-tique au moment du passage de la position paranoide-schizoïde à la position dépressive. Au début de celle-ci la pensée verbale augmente en intensité et en profondeur, exacerbant les souffrances de la réalité psychique. C'est donc à elle que le psychotique s'en prend "comme à un des éléments qui l'ont conduit à la souffrance".

Le langage est employé par le schizophrène comme mode d'action, comme moyen de communication, comme mode de pensée. Comme mode d'action il est utilisé :

- au service de l'identification projective : "il se sert des mots comme des parties clivées de lui-même, qu'il enfonce violemment dans l'analyste".

- au service du clivage des objets persécuteurs, par exemple de l'analyste ou de la parole de l'analyste. Ce clivage lui rend difficile l'usage des symboles. Il y a inhibition de la capacité de fantasmer. Au stade où le patient se met à haïr l'analyste du fait qu'il use de la pensée verbale dans le traitement, il a tendance à délaisser sa propre pensée verbale naissante et à la confier à l'analyste (à la placer en lui). Par la suite il se met à croire que c'est l'analyste qui lui a enlevé sa capacité de pensée verbale, et se sent devenir fou, avec une angoisse caractéristique. Paradoxalement c'est dans cette phrase que le clivage diminue et que le Moi tend vers l'intégration. Lorsque la position dépressive fait son apparition survient une "crise contrôlée de schizophrénie" avec une haine très vive de l'analyste. La réaction de panique terminée, il convient d'analyser en détail les "changements apportés aux relations d'objet du patient par la prise de conscience de sa folie". Par cette voie, le schizophrène pourra atteindre "une certaine forme d'ajustement à la réalité".

Tout au long du traitement l'analyste s'appuie sur la "partie non psychotique" de la personnalité du schizophrène. Il fait en sorte de montrer qu'il parle à une personne saine d'esprit, sous peine de voir le patient se servir de l'identification projective pour essayer de se débarrasser de sa "santé mentale", et régresser massivement. D'autre part, l'analyste utilise son propre contre-transfert pour y trouver des indices sur lesquels fonder ses interprétations.

4) La méthode de structuration dynamique de GISELA PANKOW

L'article "Image du corps et symbiose", paru dans les actes du colloque de Milan de 1976, expose les conclusions les plus récentes de cet auteur. Elle se propose de "développer et conceptualiser une psycho-thérapie analytique des psychoses au moyen de l'image du corps". Pour cela, elle cherche à comparer la fonction de l'image du corps et le rôle de l'objet transitionnel dans la fonction de symbolisation.

Selon WINNICOTT, l'enfant se sert, à partir du quatrième mois, d'objets qui ne font pas partie du soi. Il trouve l'objet qu'il intègre à son schéma personnel, il ne le crée pas. (Il en sera de même pour le langage plus tard). L'objet transitionnel va lui permettre de supporter l'angoisse de séparation d'avec sa mère : "l'utilisation d'un objet sym-bolise l'union de deux choses désormais séparées, le bébé et la mère, en ce point,  dans le temps et l'espace, où s'inaugure leur état de séparation  (souligné par Pankow,) qui va s'intéresser à cette "charnière dans la dyna-mique et la dialectique de l'espace").

L'objet transitionnel n'est ni un objet internalisé, ni un objet externe, c'est un objet que l'enfant possède. En tant que "non-représenté", il ne peut être mis en évidence par l'interprétation du refoulé, mais on peut l'aborder par une dialectique de la structure de l'espace afin de le rendre représentable.

L'image du corps est, quant à elle, définie par deux fonctions symboliques.

La première consiste en un lien dynamique entre la partie et la totalité du corps, la seconde "permet de saisir, au-delà de la forme, le contenu et le sens même d'un tel lien dynamique". Cette notion de l'image du corps sert de repère pour le diagnostic et la thérapie.

Il y a convergence, selon Pankow, entre l'image du corps, définie par ces deux fonctions symbolisantes, et les processus de symbolisation dont l'objet transitionnel est la base.

L'abord des psychoses se doit d'être radicalement différent de celui des névroses - "les troubles proviennent de la manière d'êtredans-le-corps".    Si nous arrivons à saisir une dynamique dans l'espace du corps vécu, l'accès à l'autre pourra être mis en route à partir des conflits du champ spatial". Ces conflits consistent en une "dissociation de l'image du corps entre un contenant hétérogène devenu limite du corps pour le sécuriser symbiotiquement, et son contenu authentique".

Pour aborder ces conflits et leur permettre de se symboliser, Pankow introduit les malades dans un "espace de jeu" gràce aux techniques de modelage. Elle cherche par là à créer chez eux des "greffes de désir" afin de déclencher le processus de symbolisation : "l'objet modelé aide à créer un espace qui devrait être structuré". Il se situe dans un "espace  potentiel" qui est le même que celui où se situe l'objet transitionnel, mais ici l'objet modelé est créé par le malade. Cet espace une fois aménagé, un transfert peut se nouer et inaugurer la cure analytique proprement dite, où interviennent des interprétations au niveau symbolique (retour à une technique plus classique).

Les divergences entre les différentes approches que nous venons d'évoquer se situent, on le voit, à la fois dans la théorisation de ce qui favorise ou déclenche une psychose et dans les modalités techniques particulières à chaque thérapeute.
Il nous semble cependant que cette diversité (souhaitable pour stimuler le questionnement sur la psychose) n'empêche pas de reconnaître certains traits convergents :

- tout le monde semble s'accorder sur le fait que le psychotique est incapable de reconstituer par lui-même quelque chose qui lui manque, ce qui oblige à utiliser une technique différente de l'analyse classique des névroses. Ce qui lui est impossible, c'est la constitution d'une image du corps (ou d'un imaginaire), l'intégration de son Moi, l'élaboration de fantasmes de type oedipien, l'utilisation du langage caractéristique du sujet névrotique ou sain (qu'on parle de clivage du langage par le psy-chotique ou de carence de l'effet métaphorique).

En conséquence, l'attitude du thérapeute consistera à apporter ce qu'on estime avoir manqué, et qu'on situe généralement au niveau de l'amour ou du désir maternel : don d'amour, de parole, de présence au sens propre ou au sens de chaleur affective, de réassurance, don de compréhension au sens large ou reformulation, par l'interprétation,d'une pensée à la dérive, don de sens (greffe symbolique ou greffe de symbolique). Toutes les techniques s'appuient sur ce don, qui seul pourra permettre ensuite le retour à une attitude psychothérapique plus classique.

- Du point de vue de la technique proprement dite, notons l'impor-tance accordée généralement à l'utilisation par le thérapeute de son contre-transfert pour se guider dans l'élaboration des interprétations qu'il donne. Par ailleurs, plusieurs auteurs semblent tenir la notion de régression contrôlée, voire même de crise aigue, comme nécessaire à une reconstruction efficace du Moi du psychotique (ce qui concorderait avec ce que nous avons décrit dans le cas de M. A. ...).

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Mots-clé : linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, Schreber.

Keywords : linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, Schreber.

Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Schreber.

Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Schreber.

Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Schreber.

Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner, Schreber.

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