Inconscient et langage

http://langaginconscient.zeblog.com/

Calendrier

« Décembre 2017
LunMarMerJeuVenSamDim
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Jean-Jacques Pinto

Publications et recherches de Jean-Jacques Pinto sur les relations entre inconscient et langage, ainsi qu'entre psychanalyse et linguistique.

Blog

Catégories

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

Résumé du livre de J.-C. Milner : L’Œuvre claire ch V et commentaires

Par Jean-Jacques Pinto :: 05/08/2009 à 14:53 :: Général


CHAPITRE V : La déconstruction


Le mathème pourtant connaîtra son propre achèvement. Sa doctrine était liée à une institution : l'École freudienne, "école" et "freudienne", parce que fondée sur la triple hypothèse :
  • que quelque chose se transmet intégralement à partir de Freud,
  • que le lieu d'une transmission intégrale est une école
  • et que le moyen d'une transmission intégrale est le mathème en un tel lieu ;

Elle agissait vers l'extérieur par la revue Scilicet (« tu peux savoir ce qu'en pense l'École freudienne », « grâce au mathème »), modelée sur Bourbaki : la mathématique est le modèle de la transmission littérale et Bourbaki le modèle de la mathématique littérale. Or, l'école a été dissoute, et la revue Scilicet a disparu. Parallèlement, le bourbakisme est désormais en mathématique une figure close.

Les accidents historiques ne suffisent pas à expliquer ces corrélations. Le vouloir institutionnel chez Lacan est toujours le symptôme d'un événement doctrinal ; il était sur ce point proche de Mallarmé, qui croyait qu'il est permis à un sujet de créer des institutions. Mais Valéry, le plus affectionné des disciples, s'empressa de professer qu'en matière d'institutions il n'est pas, pour les poètes, d'alternative au conformisme.

Le Séminaire, lui, n'était pas conforme. Il était une création institutionnelle, non moins robuste et plus audacieuse que l'École freudienne. On retrouve ici Mallarmé, et aussi Freud, qui a cru possible de créer une profession nouvelle et  l'Internationale de psychanalyse, alors qu'en matière de métiers et d'institutions scientifiques, la création est difficile, rarement réussie, et résiste rarement à la mort de ses fondateurs.

La volonté institutionnelle de Lacan ne se légitime cependant pour lui que liée à une assurance doctrinale. Créer des institutions dans l'ordre du savoir est permis à un sujet à la condition qu'il puisse être supposé à quelque savoir. Les turbulences institutionnelles relèvent du savoir lacanien lui-même.

L'École freudienne trouvait son support doctrinal dans la doctrine du mathème. Que l'école ait été dissoute un instant signifie donc que le mathème a été dissous. L'école recomposée après dissolution n'est pas la même, le mathème réaffirmé n'est pas le même.

Avec le séminaire XX, la référence mathématique se trouve absorbée par la théorie du nœud borroméen,
qui fait toucher du doigt ce qu'il en est de la lettre mathématique. Éclairer les lois du borroméanisme, c'est éclairer les fondements du mathème, le principe de son efficace. Si ne parler que du nœud est parler de l'unique nécessaire, alors il faut s'en tenir là.

D'emblée pourtant, une chose frappe : Lacan ne retient pas l'abord mathématisant des nœuds. Il ne s'intéresse au nœud que par ce qu'il a de réfractaire à une mathématisation intégrale : « il n'y a aucune théorie des nœuds. Aux nœuds ne s'applique jusqu'à ce jour aucune formalisation mathématique... ».

Contrairement aux divers objets topologiques – bande de Mœbius, cross-cap – utilisés précédemment, et dont la théorie mathématique est faite, permettant de ne pas quitter l'horizon de la mathématique comme théorie générale du mathème, pour le nœud la question est tout autre. Il vient de la mathématique, mais à titre de curiosité ; il s'épuise dans sa monstration inlassablement variée et ne requiert pas, pour légitimer son efficace, d'être intégralement écrit. Certes les mathématiciens s'emploient à le mathématiser. Certains l'ont tenté et peut-être réussi. Mais le nœud n'avait pas attendu leur effort pour fonctionner dans le discours.

Il y a des précédents. Paradoxe du doctrinal de science, il a fallu, après Galilée et Descartes, admettre :
  • que l'univers est intégralement passible d'une science mathématisés,
  • qu'il est infini
  • et que l'infini n'est pas, au début, un objet mathématiquement clair.
Mais assez vite l'infini a donné lieu à un calcul et à des écritures mathématiques. On pourrait reconnaître dans son émergence la victoire du littéral, plutôt que sa défaite.

Le nœud, lui, est antinomique à la lettre, donc au mathème. Une faille s'est ouverte : il peut supporter des lettres (par exemple, R, S, I), il montre ce qu'est le littéral, mais il n'est pas lui-même intégralement littéralisé. C'est à un objet non littéral que revient la tâche de montrer ce qu'il en est
du littéral. La lettre ne trouve pas en elle-même de quoi se littéraliser suffisamment.

Les thèmes de l'incomplétude radicale, récurrents chez Lacan, avaient perdu en intensité dramatique, tant qu'on s'en tenait à une mathématisation dispersée, non déductive, locale. Le nœud signale le retour des drames ; on pourrait modifier quelques logia anciens ; il n'y avait pas d'Autre de l'Autre, ni de métalangage ; il n'y a pas de mathème du mathème, ni de lettre de la lettre ; il n'y a que le nœud, qui demeure rebelle à une littéralisation intégrale.

Au temps d'Encore on peut penser que la mathématique intégrera
un jour la propriété borroméenne. Mais, à mesure que le travail mathématique avance au fil des séminaires, on voit que la réussite se dérobe, et que si elle survenait, la propriété aurait perdu ce qui faisait son prix. Non seulement le nœud n'est pas mathématisé, mais il ne fonctionne qu'à ne pas l'être.

Si la mathématique était demeurée ce qu'elle paraissait ... Mais la rumeur se faisait insistante : et si Bourbaki était mort ? La mathématique aurait un avenir où la littéralité serait subalterne. L'hyperbourbakisme aussi serait frappé. Lacan le soupçonna-t-il ? Supposons-le : le nœud, support de la lettre, ne supporterait plus rien d'essentiel, puisque la lettre n'est plus essentielle à la mathématique. Ramené à sa propre absence de littéralité, il ne serait plus que la figure du deuil de la lettre mathématique et de sa puissance. Il ne dit quelque chose de la lettre que parce qu'il s'en excepte ; la lettre s'y rencontre dans la dimension de sa propre défaillance ; la mathématique n'est pas littérale. Après Encore, on a la conviction que tout se déploie ainsi.

Comme le bâton se transforme en serpent devant Pharaon, le nœud, de soutien pour l'imagination, se fait animal destructeur de la lettre. Si lettre il doit y avoir, Lacan doit désormais la chercher ailleurs. À la mathématique succèdent Joyce, le poème, les Lettres. Ce mouvement s'amorce dès Encore. Mais là, le mathème est à son acmé et le poème n'apparaît que pour le confirmer. Saussure et Jakobson reviennent dans la position nouvelle de sujets linguistes, capables d'assurer une transitivité entre lettres mathématiques et poématiques. Encore pose, à propos de Parménide, une équivalence entre le mathème et le poème : « Heureusement que Parménide a écrit en réalité des poèmes. N'emploie-t-il pas des appareils de langage qui ressemblent beaucoup à l'articulation mathématique, alternance après succession, encadrement après alternance ? ». La lettre venue des Lettres et la lettre venue des Nombres se répondent harmonieusement. Souverain des symétries, Jakobson témoigne une fois de plus : « on change de discours » répète Lacan en sa présence.


Après Encore, la symétrie se rompt. Le poème console ; il pourrait, si le nœud se dérobe, proposer un support plus robuste à la littéralité. Mais aussi il inquiète, car il prolifère. S'il est ce qu'en dit le linguiste, il surgit à chaque scintillement que provoquerait, sur le cristal de langue, le jeu de quelque facette appariée à quelque autre. Les calembours homonymiques, à partir des années 70, ne sont pas des traits d'esprit ; ils constituent, un par un, une cellule littérale, un atome de calcul poématique. Pensables au début comme homomorphes à la lettre mathématique, ils sont comme des mathèmes donnés par lalangue même, répondant aux mathèmes construits par un discours.

Mais si la mathématique n'est plus indubitablement littérale, l'analogie se corrompt. Les homophones deviennent la seule marque qui demeure de la littéralité, tenants-lieu d'un mathème exténué. Leur multiplication contrebalance la monstration silencieuse des nœuds. Mais, en retour, elle la confirme et la répète.

Chacun de ces jeux dévore l'autre, chacun se dévore lui-même. Le poème, polymérisé à l'infini de lalangue, explose sur l'abîme. D'un côté les nœuds taciturnes, de l'autre, omni-présent, le poème, attesté et aboli par son propre foisonnement. Chacun des jeux d'homophonie, dans les titres de séminaires, dans les écrits, dans le retour incessant à Joyce, renferme la possibilité d'une lettre venue de la seule langue, tout autre que celle de la mathématique, et pourtant chargée des mêmes fonctions. Mais l'opacité risque incessamment de l'emporter.

Simultanément, la main se ferme sur la matérialité des ficelles. Jusqu'à ce que le dernier acte d'un enseignement poursuivi durant tant d'années, le dernier mot de tant de concepts, d'analyses, d'écritures, d'inventions, devienne un maniement muet, indistinguable de la manie solitaire.

Il s'en distinguerait si pouvait être assurée la transmission de ce qu'est le littéral. Mais s'il réussissait, le nœud prouverait qu'il est un cas où la transmission ne passe pas par le mathème. S'il échouait,  rien ne se transmettrait de ce qui fait que la lettre transmette. Resterait seulement le cristal de la langue, matérialisé dans le poème indéfiniment multiplié en calembours, mais alors la transmission sera-t-elle intégrale ? Aura-t-elle jamais commencé ?

A la fin du parcours, le nœud est devenu un détournement de la lettre, une antimathématique, après l'antilinguistique que recèle la doctrine du signifiant, après l'antipolitique qu'induit la théorie des discours, après l'antiphilosophie des deux classicismes. L'anachorèse discursive est consommée.

Le nœud était donc mortel.


Le séminaire XX, qui l'introduit, tient une place d'exception dans l'œuvre de Lacan :
  • Par sa portée : le second classicisme lacanien s'y accomplit.
  • Par sa forme : ésotérique et exotérique ; la forme d'œuvre y rejoint l'efficacité protreptique.
  • Par son retournement enfin : dans sa perfection même, il contient en germe le facteur létal  par quoi Le Séminaire sera défait, depuis le premier livre jusqu'au dernier.
La conclusion est forte. Les témoins des derniers séminaires devraient pourtant en être les moins éloignés. Le Lacan de ce temps fait songer au Wittgenstein de la fin du Tractatus : il faut se taire sur ce qui ne se laisse pas dire; il faut montrer ce sur quoi on ne peut que se taire. Or, Lacan se tait et Lacan montre.

Il montre en silence ce sans quoi la transmission de la psychanalyse ne saurait s'accomplir intégralement.  Si le mathème est aboli, on ne peut plus dire, seulement montrer ; or Lacan en vient à ne plus faire que montrer, donc le mathème a été aboli, et avec lui le galiléisme en psychanalyse : « le truc analytique ne sera pas mathématique. C'est bien pourquoi le discours de l'analyse se distingue du discours scientifique ».

Lacan retrouve des formulations antigaliléennes du type « la Nature a horreur du nœud ». Un tel logion entraîne une conséquence radicale : si le nœud est une lettre mathématique, alors la Nature et quelque lettre mathématique pourraient être incompatibles, ce qui s'oppose à l'axiome fondateur de la science moderne.

Donc :
  • ou bien la science mathématisée est supposée abolie, et le doctrinal de science tombe, entraînant avec lui le second classicisme lacanien, en ce qu'il a de commun avec le premier ;
  • ou bien le nœud n'est pas une lettre, donc pas un mathème, et alors, le second classicisme est aboli, en ce qu'il a de distinct du premier. On perd à tout coup.

Le second classicisme a passé, à l'instant où il paraissait s'accomplir. Lacan y a mis un terme. Encore, qui en est le sommet, déclenche sa dé[con]struction. Tout est déjà en pièces lorsque Lacan choisit vers 1980 de se taire. Le nœud d'un côté, le poème de l'autre, la ficelle et la lettre, le silence et le calembour. C'est  l'Éthiopie.

Ceci n'est pas loin de Wittgenstein. Lacan l'a lu et en a tiré peu de conclusions explicites. D'aucuns s'empresseront de lire l'un par l'autre : quelques ailes nouvelles seront ainsi ajoutées au "Château des brouillards".

Donnons-nous le "problème de Wittgenstein". Supposons qu'il y ait antinomie, frontière réelle et infranchissable, entre dire et montrer. Ce qui ne se dit pas se montre et il faut s'en taire ; ce qui se montre se montre par des tableaux. Au rang de ce qui ne se dit pas, il y a la vérité de ce qui se dit, d'où les tables de vérité.

Lacan, dans ses écrits, a considéré que le problème de Wittgenstein était réel et traitable, et ne conduisait pas au devoir de silence. Il a fort tôt rencontré le silence, dans sa relation à la vérité, et s'en est écarté. Refermer la main sur les vérités, c'est un fantasme, s'y prêter est un abandon. Il faut donc ouvrir la main, c'est-à-dire parler et dire la vérité. D'autant que le silence est impossible : « Moi la vérité, je parle » ; à quoi bon refermer la main sur la vérité, si elle parle. Wittgenstein aurait raison si ce dont on ne peut pas parler consentait à se taire. Mais il n'y consent pas. L'inconscient, c'est justement cela. De ce qui ne se tait pas, comment consentir à ne pas parler ? Et s'agit-il de consentir, quand le silence est impossible au sujet ?

Impossible de parler, impossible de ne pas parler. De là, les stratégies de l'entre-deux, du mi-dire, du pas-tout. « La vérité ne se dit pas toute » ne signifie pas que la vérité ne se dise pas. Se disant, si même pas toute, elle n'a pas à être montrée. Il n'y a pas de tables de vérité. Dire, c'est assembler ce qui est radicalement étranger à soi-même.

Déjà, le signifiant, dans le premier classicisme, émergeait à l'entrechoc du voilement et du dévoilement. Comme si le signifiant, et lui seul, permettait de franchir les Colonnes d'Hercule, entre dire et ne pas dire.

Au temps du second classicisme, l'éthique du bien dire se pose en symétrique inverse de la dernière thèse du Tractatus : « Sur ce dont on ne peut pas parler, il faut garder silence », Qu'il existe des x tels qu'on n'en peut parler, qu'il faille s'en taire, soit ; cependant le devoir est de bien dire. Or, bien dire, c'est conjoindre ce qui ne peut pas être conjoint.

Cette hétérologie parcourt l'œuvre. On a rencontré, à propos du mathème, la référence à l'orthé doxa platonicienne, au cross-cap, aux écritures russelliennes et antirusselliennes. Ce sont là des dispositifs antiwittgensteiniens, situés de part et d'autre d'une frontière donnée pour réelle et infranchissable ; c'est ce que Wittgenstein a toujours écarté : « pour tracer une frontière à l'acte de penser, nous devrions pouvoir penser les deux côtés de cette frontière (nous devrions donc pouvoir penser ce qui ne se laisse pas penser) ».

Mais, l'inconscient est précisément une frontière à l'acte de penser, dont la psychanalyse, dès Freud, se propose de penser à la fois les deux côtés. Dans l'objet freudien réside ce battement réel dont le mi-dire lacanien est le fidèle répondant. La Spaltung qui refend le sujet comme pensant (l' inconscient), l'hétérologie qui scinde et recoud les dits, sont solidaires, si la psychanalyse est vraie. Renoncer à l'une, c'est renoncer à l'autre. Or le nœud a entravé le mi-dire comme moyen du bien dire, ce qui est une abolition de l'inconscient. Si non seulement le silence est requis, mais aussi possible, c'est que la vérité ne parle pas et que l'inconscient n'existe pas. Si Wittgenstein l'emporte, si le nœud l'emporte sur l'écrit, Lacan n'est pas seul détruit.

L'abolition et le silence ont-ils établi leur empire ? Le Wittgenstein du Tractatus serait-il donc le Maître absolu ? le Signorelli de la pensée? Gorgias, contre Socrate, aurait-il triomphé (« il n'est rien ; d'ailleurs si c'est, c'est inconnaissable ; d'ailleurs si c'est et si c'est connaissable, ce n'est pas montrable aux autres ») ? Ou le scepticisme antique ?

Milner ne conclut pourtant pas cela, mais seulement à un dépérissement du second classicisme. La cause en est l'émergence du nœud, qui désamarre l'instance de la lettre ; celle-ci, bateau ivre, foisonne indéfiniment – sous le fanion de Joyce. Le programme, alors, est clair; après la fin du second classicisme, un seul problème demeure : quels rapports entretiennent (incompatibilité, équivalence ?), le « c'est montré » et le « c'est écrit » ?

La solution n'a pas été développée. Le problème n'est ici articulé que par un lecteur parmi d'autres. Au dessaisissement du second classicisme, il n'a pas été mis fin. L'aiguille s'est arrêtée entre deux positions. L'œuvre de Lacan est inachevée. Comparable aux grandes œuvres matérialistes.

De ce qui pouvait relever le second classicisme, nul ne doit rien assurer. Mais on peut assurer que le second classicisme était achevé et qu'il n'était pas le dernier mot.




[ Fin du résumé. Les commentaires suivront bientôt ... ]




[ À suivre ... ]
 
 
 

 


Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous




Mots-clé : linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.

Keywords : linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.

Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean- Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.

Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean- Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.

Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.

Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni idiomatiche, Jean-Claude Milner, Schreber, machina subjectiva.


Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


 
Copyright © Inconscient et langage - Blog créé avec ZeBlog