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Jean-Jacques PintoPublications et recherches de Jean-Jacques Pinto sur les relations entre inconscient et langage, ainsi qu'entre psychanalyse et linguistique. BlogCatégoriesDerniers billetsPagesCompteursLiensFils RSS |
Extrait du Mémoire de psychiatrie de J.-J. Pinto sur la psychothérapie des psychoses (partie théorique)Par Jean-Jacques Pinto :: 21/05/2006 à 18:26 :: Psychoses
Ce mémoire, intitulé A propos de la prise en charge d'un psychotique : réflexions critiques, Marseille, 1978, met en relation la mise en place du fantasme et la fonction métaphorique qui, lorsqu'elle fait défaut, peut rendre compte d'un des versants de la psychose. [un schéma sera bientôt joint à ce texte] Excerpts of the Thesis of psychiatry by J-J.Pinto on the psychotherapy of the psychosis (theoretical part)
“Si à l’appel du Nom-du-Père répond une carence du signifiant lui-même (forclusion), la carence de l’effet métaphorique provoque un trou à la place de la signification phallique”.Ce signifiant est appelé par le sujet dans toute situation triangulaire conflictuelle, que seule la castration symbolique permet de dépasser : “Pour que la psychose se déclenche, il faut que le Nom-du-Père, forclos, c’est-à-dire jamais venu à la place de l’Autre, y soit appelé en opposition symbolique au sujet”. L’absence du signifiant P a pour corollaire l’absence de la fonction symbolique du Phallus. Les quatre points que cette fonction permettait de relier entre eux (cf schéma) ne peuvent plus “tenir” ensemble, ce que Lacan représente sur un autre schéma (dit schéma i) où ils figurent sur des lignes partant à l’infini de façon divergente. Ainsi le désir de la Mère fait sentir son absence, le moi idéal et le moi sont impossible à constituer, et l’Idéal du moi se dérobe au sujet. Le psychotique défaille donc dans ses tentatives pour se constituer un Imaginaire et une Réalité psychique, et quand il parvient à reconsttuer quelque chose, c’est une pseudo-réalité délirante où le réel est déformé (“Ce qui est forclos du symbolique revient comme réel” dans l’hallucination ou le délire). Ce que Lacan résume ainsi : “C’est le défaut du Nom-du-Père qui, par le trou qu’il ouvre dans le signifié, amorce la ascade des remaniements du signifiant d’où procède le désastre croissant de l’imaginaire, jusqu’à ce que le niveau soit atteint où signifiant et signifié se stabilisent dans la métaphore délirante”. B - HYPOTHÈSES DE DÉPART Elles peuvent se déduire des données théoriques qui précédent. Notons à ce propos qu'il n'existe pas à notre connaissance de technique codifiée des psychothérapies de psychotiques dans les textes lacaniens. Nous exposons donc ici les éléments de réflexion qui ont guide notre action pratique, en sachant qu'ils schématisent considérablement une théorisation complexe et subtile. 1) Il existe une "carence"de la fonction métaphorique chez le psychotique.<br /> Il est donc inutile d'attendre qu'à la manière d'un sujet névrotique il livre dans ses associations libres la clef de ses symptômes. Le caractère déroutant, hermétique de ses dires vient peut-être de ce qu'il n'y a là rien à comprendre : les signifiants énoncés n'ont pu être relies entre eux par des chaînes inconscientes, ou seulement de façon très partielle dans les cas où le sujet a pu reconstruire quelque chose de sa réalité psychique sur un mode délirant. (On sait alors le danger des interprétations classiques qui déconstruisent ce fragile édifice). Un entretien fondé sur l'écoute silencieuse a donc toutes les chances d'être inutile. Il faut synthétiser du sens à la place du patient pour lui permettre de se constituer des fantasmes, une réalité psychique. Ces noyaux de sens peuvent n'être qu'un semblant, la simple juxtaposition de signifiants créant toujours un effet de sens surtout si elle est répétée. (A la différence d'autres types d'interprétations dont nous verrons qu'elles sont beaucoup plus ''grammaticales"). Il apparaît alors que la réponse du patient, plutôt qu'un changement de discours comme dans le cas d'une interprétation réussie chez un névrotique, consistera a nous fournir de plus en plus de matériel verbal "'a - signifiant" comme s'il nous encourageait a continuer pour lui ce processus de symbolisation. Lorsqu'il commence de lui-même, et avec ses propres souvenirs et associations, à constituer des fantasmes de nature œdipienne, nous le laissons faire sans rien en interpréter, jugeant que cette névrotisation nécessaire doit se poursuivre et se consolider, mais nous continuons à lui constituer un "sous-sol" d'associations verbales a-grammaticales sur lesquelles il peut "s'appuyer" pour fantasmer. Nous agissons donc sur les parties de son discours qui échapperaient encore à cette symbolisation, en vue d'écarter au maximum le risque d'une rechute délirante portant sur ce qui n'a pu être symbolise. 2) Si le sujet ne parle pas, on peut chercher à engager le processus de symbolisation en décrivant ce que nous percevons de lui : son image corporelle, ses gestes, ses mimiques. Ceci revient à verbaliser le non-verbal, ou encore à transformer l"'analogique" en "digital", si nous reprenons la terminologie de l'école de Palo-Alto. Cette manière de procéder s'est révélée efficace dans une autre prise en charge conduite a la même époque : les entretiens fondés sur l'écoute pure n'avaient mené à rien chez une patiente schizophrène chronique, quasi-mutique, hospitalisée de longue date. Un jour où, commentant ses actes, nous énoncions qu'elle venait de se racler la gorge, elle répondit : "Oui, j'ai un chat dans la gorge". Elle commença dès lors a pouvoir associer de façon non métaphorique sur ce chat qui symbolisait entre autres choses un enfant impossible à accoucher, mais qu'elle vivait hallucinatoirement comme présent dans une partie de son corps. Par la suite elle se mit a verbaliser abondamment, ce qui permit à la prise en charge de continuer sur le mode précédemment décrit. [fin de l'extrait] Essai pour l'insertion future d'un schéma (image sans rapport avec le sujet ! !) ![]() Merci de bien vouloir laisser un commentaire ci-dessous ------------------------------------------------------------------ Mots-clé : linguistique, analyse de discours, métaphore, psychanalyse, Lacan, psychologie, psychologie sociale, psychose, paranoïa, schizophrénie, rhétorique, argumentation, épistémologie, poésie, littérature, Baudelaire, traduction, malentendu, expressions figées, Jean-Claude Milner. Keywords : linguistics, "discourse analysis", metaphor, psychoanalysis, Lacan, psychology, social psychology, psychosis, paranoia, schizophrenia, rhetorics, argumentation, epistemology, poetry, litterature, Baudelaire, translation, misunderstanding, frozen expressions, Jean-Claude Milner. Schlüsselwörter : Linguistik, Redeanalyse, Metapher, Psychoanalyse, Lacan, Psychologie, soziale Psychologie, Psychose, Paranoia, Schizophrenie, Rhetorik, Argumentation, Epistemologie, Poesie, Literatur, Baudelaire, Übersetzung, Mißverständnis, starre Ausdrücke, Jean-Claude Milner. Palavras-chaves : linguística, análise de discursos, metáfora, psicanálise, Lacan, psicologia, psicologia social, psicose, paranóia, esquizofrenia, retórica, argumentação, epistemologia, poesia, literatura, Baudelaire, tradução, equívoco, expressões bloqueadas, Jean-Claude Milner. Palabras-clave : lingüistica, análisis de discurso, metáfora, psicoanálisis, Lacan, psicología, psicología social, psicosis, paranoïa, esquizofrenia, retórica, argumentación, epistemología, poesía, literatura, Baudelaire, traducción, malentendido, expresiones cuajadas, Jean-Claude Milner. Parola-chiave : linguistica, analisi di discorso, metafora, psicanalisi, Lacan, psicologia, psicologia sociale, psicosi, paranoia, schizofrenia, retorica, argomentazione, epistemologia, poesia, letteratura, Baudelaire, traduzione, malinteso, espressioni raggelate, Jean-Claude Milner. Commentaires
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