Inconscient et langage

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Jean-Jacques Pinto

Publications et recherches de Jean-Jacques Pinto sur les relations entre inconscient et langage, ainsi qu'entre psychanalyse et linguistique.

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La métaphore de l'oignon

Par Jean-Jacques Pinto :: 08/11/2008 à 18:57 :: Général


[ Texte à peine ébauché. A suivre ... ]


       Ce texte prolonge et précise celui d'Aurore sur son blog Méta-morphê journal d'une analyse :


      "Une image au cours de mon initiation à la psychanalyse ( freudienne ) m'a interpellé : l'oignon. L'oignon représente la structure psychique de chacun, l'exemple est explicite. nous naissons disons, tout nu. Petit être fragile, sensible et complètement dépendant de notre chère mère et de notre père par la suite. Héritier d'un patrimoine génétique inscrit dans nos gènes, nous héritons également de tout une histoire familiale avec ses secrets, ses névroses et son identité. Nous sommes alors, à la naissance nous diront le bulbe, celui de l'oignon. La vie, la société nous impose déjà, au plus jeune âge, ses valeurs et ses règles. Le bébé que nous sommes est confronté à ses premières frustrations, commence alors la construction de ce cher oignon : une couche, une autre au fil de chaque expérience frustrante, traumatisante. Notre futur se construit là : nous, moi, vous sommes en train de créer, malgré nous, la personne que nous seront plus tard avec ses névroses, ses psychoses , son 'caractère' et sa 'personnalité'."


       La métaphore de l'oignon doit être considérée dans son opposition à celle du fruit.

       Comment en psychanalyse représenter la structure psychique du sujet  ?

      Survol de la réponse :

       Pour Freud et la psychanalyse classique : quand on pèle un fruit tel qu'un abricot, puis qu'on en ôte la chair, on atteint le noyau. Il existe des tendances innées chez l'individu, recouvertes par les identifications. Quand dans l'analyse on défait ces identifications, on arrive au noyau de notre être : Kern unseres Wesens.

       Pour Lacan et la psychanalyse moderne : quand on pèle un oignon en ôtant les pelures successives on n'atteint aucun noyau : la dernière pelure ôtée, il ne reste que le vide. Quand dans l'analyse on défait ces identifications, on n'arrive à nul noyau, mais au "désêtre", c'est la destitution subjective. Bien sûr, personne ne peut s'y maintenir de façon permanente. Lacan : "Croyez bien, d’ailleurs, que moi-même je ne la rouvre jamais qu’avec précaution [la béance de l’inconscient].

      De façon plus détaillée :

       Pour Freud et la psychanalyse classique : la nature de l'inconscient n'est pas clairement définie, les métaphores biologiques et énergétiques abondent (libido, pulsions, etc.). En tout cas il n'est pas fait de langage. La parole dans la "talking cure" n'est que le véhicule de l'analyse, permettant de mettre en mots les représentations et conflits inconscients, de trouver "les mots pour le dire". Le noyau de notre être (le moi profond ?) est non-verbal. Pour une disciple comme Mélanie Klein, il existe même dès la naissance un moi capable de ressentir de l'angoisse et d'utiliser contre elle des mécanismes de défense ; c'est dire que ce moi premier n'a rien à faire avec le langage.

       Pour Lacan et la psychanalyse moderne : "l'inconscient est structuré comme un langage", les métaphores biologiques et énergétiques peuvent être évitées (à développer). L'inconscient est (pour simplifier) fait de langage, les représentations - même "codées" en rébus - sont verbales, certaines associations de mots ou plutôt de signifiants responsables des symptômes sont indisponibles. La parole dans la "talking cure" est bien plus qu'un simple véhicule, elle permet de retrouver ces signifiants, "les mots déjà dits". Le moi n'est que l'illusion de consistance et d'unité créée par une couche de l'oignon parmi d'autres, couche absente dans la psychose. Ainsi l'analyse constitue-t-elle une dé-personnalisation suffisamment lente pour pouvoir être supportée de façon intermittente.


[ À suivre ... ]

À titre indicatif (approche non psychanalytique mais systémique), cet extrait de l'article :

Parcours de changement pour le systémicien en formation (Philippe Caillé)

La métaphore de l’oignon cognitif
 
      Pour les besoins de la clinique et de l’enseignement, il est utile de construire un schéma relativement simple de l’auto-organisation qui permet au système humain de se donner un projet et éventuellement de modifier ce projet en se ré-auto-organisant.
      Le héros Peer Gynt dans la pièce d’Henrik Ibsen (voir la citation introductrice*) tente un tel effort de schématisation quand, dans la scène où la faim le force à consommer des oignons sauvages, il compare les constructions du monde qui ont guidé les différentes étapes de sa vie, empereur, chercheur d’or, marin, prophète, aux couches de l’oignon qu’il tient en main. Dans cette perspective historique, un récit structurant succède à l’autre comme chaque couche en recouvre une autre, tous aussi véridiques et aussi illusoires, sans qu’on puisse jamais découvrir le noyau que représenterait un monde logiquement vrai, incontestable, non construit.
*citation introductrice :
Le noyau ne va-t-il pas bientôt apparaître ?
(il met l’oignon en pièces)
Rien à faire ! Jusqu’au point le plus profond
Tout n’est que couches – seulement de plus en plus petites
La nature est pleine d’esprit !
Henrik Ibsen (1867) Peer Gynt, 5e acte




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